Axe prioritaire 4 – Conduire la transition écologique en intelligence

Constat

Le dérèglement climatique n’est plus un risque contre lequel on peut s’assurer, c’est une certitude à laquelle il faut se préparer et un engrenage qui sera long à arrêter. 

Nous sommes face à un défi mondial alors que justement les institutions mondiales sont très peu écoutées. Le 27 avril 2026, les 50 villes les plus chaudes de la planète étaient toutes situées en Inde, avec une température maximale moyenne de 44,7°C. La perspective de flux importants de réfugiés climatiques n’est plus un fantasme lointain.

Toute l’Europe subit aussi des changements profonds dont nous percevons progressivement l’extrême gravité. L’Etat doit prendre en main la réponse de la France à ce défi et non seulement faire sa part mais aussi contribuer à une meilleure gestion écologique au niveau européen et mondial. La problématique de transition s’avère d’autant plus complexe qu’elle peut mettre en péril les équilibres sociaux et économiques.

Les Français sont pour la plupart sortis du déni climatique mais doutent encore sur les autres limites planétaires (eau douce, biodiversité, acidification des océans, pollution chimique…). Au-delà du constat, seule une minorité d’entre nous passe à l’action spontanément. Et majoritairement nous refusons toute mesure imposée par crainte de devoir supporter plus que d’autres leur coût élevé ou leur inconfort.

Nos entreprises ne préparent pas suffisamment la transition écologique, ou font faillite faute de soutien, tant du gouvernement que de leurs clients français.  

Nos règles libérales bloquent les politiques de soutien à la transition. Les exceptions que nous ouvrons n’ont pas de financement identifié et n’offrent aucune garantie de stabilité à moyen terme. L’absence de dialogue apaisé sur le chiffrage des coûts et des mesures nous désoriente totalement. Nous revenons sur les lois votées à l’intérieur même d’un quinquennat. 

Dans d’autres pays du monde, on voit émerger des stratégies de transition beaucoup plus actives et stables. C’est donc possible !

Enjeu

Dans un monde qui change vite, l’immobilisme mène rapidement au déclin. La France doit lever ses blocages et suivre une stratégie cohérente. Elle doit être un acteur majeur de la transition écologique mondiale en la priorisant dans les réformes à mener. Cela à la fois pour continuer à jouer un rôle dans le monde et par souci de préserver ses territoires et sa qualité de vie.

Chiffres clés sur le coût de l’immobilisme en matière écologique

On peut estimer ce coût par activité impactée ou par des études plus globales:

  • Santé : engorgement des services d’urgence, report d’opérations et surmortalité (plusieurs milliers de personnes en 2026).
  • Agriculture : baisse des rendements due à la sécheresse et à l’augmentation des températures estivales, jusqu’à 20 – 30%, notamment pour les cultures estivales comme le maïs, le tournesol et le soja. Sur ces 3 seules cultures, une baisse de 25% des rendements provoque une perte totale d’un milliard €:
    • 750 millions € pour le maïs grain
    • 200 millions € pour le tournesol
    • 50 millions € pour le soja
  • Élevage : mortalité des volailles importante. En période de canicule 2003, près de 6 millions de volailles avaient péri. 2026 sera dans les mêmes ordres de grandeur (malgré les améliorations apportées aux bâtiments d’élevage depuis 20 ans: brumisation, ventilation…). La baisse de production est sensible sur d’autres espèces. Pour chaque tranche de 10% de baisse, on voit que cela représente deux milliards €.
    • 500 millions € pour les oeufs
    • 1 milliard € pour le lait de vache
    • 400 millions € pour les porcs
  • Autres secteurs : Une partie de l’activité économique s’arrête pendant les périodes caniculaires qui peuvent durer un mois et non pas seulement une semaine.  Santé, tourisme, BTP, énergie et transports sont parmi les secteurs les plus touchés. Forte baisse de productivité au-delà de 30°C : Une journée au-dessus de 32 °C coûte à l’économie nationale autant qu’une demi-journée de grève (Allianz Trade). En 2025, ces températures ont été observées pendant environ un mois sur tout le territoire. Or on estime le coût d’une journée de grève à environ 1 milliard €. L’impact sur le PIB de 2025 pourrait ainsi avoir été de l’ordre de 15 milliards et celui de 2026 sera encore plus élevé. 
  • Assurances. Déjà 6 milliards de sinistres climatiques par an en France. La Caisse Centrale de Réassurance s’attend à une progression de +40% à +85%, soit environ 4 milliards € supplémentaires d’ici 2050.
  • Protection civile : lors des catastrophes climatiques (feux de forêt, inondations…) d’importants moyens doivent être mis en œuvre par l’État, avec l’aide de l’Europe pour les cas les plus graves. Le budget français actuel est de 200 à 300 millions d’euros et il devra être revu à la hausse. L’INRAE s’attend à une augmentation des feux de forêts de 70% sur le siècle.
  • L’étude d’Alianz Trade chiffre la perte de PIB de la France à 50 milliards par an (soit -1,9% par an jusqu’à 2030) en cas d’immobilisme total, tant sur notre adaptation que sur l’atténuation du changement climatique.  
  • Pour le cabinet de prévision et de conseil économiques Oxford Economics, l’effet d’un réchauffement climatique de 2,2 °C  (en moyenne annuelle mondiale) d’ici 2050 pourrait entraîner une baisse de 10 à 20 % du PIB mondial, et même,  à + 5 °C d’ici 2100, une « annihilation économique ».
  • Souveraineté : D’autres pays s’engagent dans la transition écologique et prennent des parts de marché substantielles dans le développement des infrastructures énergétiques par exemple. Nous serons contraints d’importer dans les secteurs d’avenir et les pays les plus en avance pourront ensuite bloquer notre chaîne d’approvisionnement comme ils le voudront. 

Chiffres clés sur les bénéfices à attendre de la planification écologique

Les énergies fossiles coûtent à la France entre 40 et 110 milliards nets par an, en fonction des prix du marché. Elles constituent l’essentiel de notre déficit commercial qui est de l’ordre de 70 milliards €. 

Planifier l’arrêt des fossiles, c’est revenir à l’équilibre au niveau de notre balance commerciale.

Autre bénéfice considérable mais difficilement chiffrable : garder notre planète habitable !