Axe prioritaire 3 – mieux gérer l’immigration

Constat : une situation paradoxale

Ancien empire colonial, la France attire beaucoup de jeunes des pays francophones. Pays des droits de l’homme, elle est aussi un refuge pour ceux qui fuient des conflits armés ou des dictatures. Alors que nous pouvons nous enorgueillir de notre rayonnement et chercher à en tirer profit, cette arrivée de populations étrangères est mal vécue et aussi mal gérée. L’intégration des nouveaux arrivants semble de plus en plus difficile. Des organisations criminelles savent parfaitement attiser et exploiter les désirs de migration pour développer leurs activités très lucratives. 

La gestion de l’accueil des migrants est aujourd’hui très lourde pour l’administration et les collectivités. Les retards d’examen des demandes entraînent des plongées dans l’illégalité, source de nombreux problèmes pour notre société : corruption, délinquance, extrême pauvreté… L’accélération des procédures d’éloignement demande aussi beaucoup d’efforts pour peu de résultats (21.600 sorties en 2024).

En parallèle, les métiers dits « en tension », c’est-à-dire ceux qui connaissent des difficultés de recrutement et un fort taux d’étrangers par rapport à la moyenne nationale, dépendent toujours de l’immigration pour fonctionner.

Enfin il faut rappeler qu’en 2025, il y a eu plus de décès que de naissances et que seul le solde migratoire empêche la population de décliner pour l’instant. C’est la première fois depuis 1945 mais cela va s’accentuer avec le vieillissement des Français du baby-boom (nés entre 1946 et 1974).

Chiffres clés : point sur 2024

Immigrés et étrangers en France selon l’INSEE

Définition d’un immigré : né à l’étranger sous une nationalité étrangère, il réside maintenant en France. 

  • Immigrés naturalisés Français : 2,6 M
  • Immigrés de nationalité étrangère : 5,1
    • Dont immigrés de nationalité autre que européenne : 3,7 M
    • Dont aussi 700.000 immigrés en situation irrégulière selon la Direction Générale des Etrangers en France
  • Etrangers nés en France : 0,9 M (notamment des enfants d’immigrés, mineurs, qui pourront opter pour la nationalité française à 18 ans)

Les immigrés pèsent-ils sur les chiffres du chômage?

Les immigrés se trouvent souvent accusés de profiter du chômage. Pourtant le taux de chômage des immigrés (hors UE) a baissé de 8 points en 10 ans pour s’établir à 13%, contre 7% pour les natifs. Ce chiffre n’est pas anormal car les immigrés occupent plus souvent un poste en contrat à durée déterminée (CDD) ou en intérim (15 %) que les natifs (9 %).

Si on s’intéresse aux flux migratoires, quels sont les chiffres des nouveaux arrivants?

Deux sources possibles, à croiser :

  • Le Ministère de l’Intérieur qui se base sur la primo-délivrance de cartes de séjour (donc hors UE, hors situation irrégulière, hors mineurs).
  • L’INSEE qui se base sur les données du recensement : personnes déclarant résider en France pour un an au moins, donc hors travailleurs saisonniers et certains étudiants, mais situation irrégulière et mineurs inclus.

Chiffres du Ministère de l’Intérieur:

  • + 343.024 entrants en 2024 toutes origines confondues (USA et UK représentant 22.000 cas)
    • Dont: 55.000 titres de séjour « Talents » (scientifiques, artistes…)
    • Dont: 110.000 en titre de séjour étudiants
    • Dont: 130.200 demandeurs d’asile (issus d’Afghanistan, Haïti, RD du Congo, Ukraine, Guinée, Côte d’Ivoire, Turquie…)
  • Soit un peu moins de 50.000 migrants en recherche de travail, avec d’autres titres de séjour.

Chiffres de l’INSEE :

En 2024 l’INSEE compte 313 000 entrants, dont 27% d’Européens. La nouvelle vague arrivée en France est jeune : la moitié a entre 18 et 36 ans.

L’Insee ne fait pas de calcul fin du solde migratoire mais estime qu’il y a en gros un partant pour 3 entrants.  En effet, il faut décompter les sorties lorsque les immigrés :

  • quittent la France (fin d’études, fin d’expérience professionnelle, retraite…). Sur les seules situations irrégulières, les partants hors UE s’élèvent à 48.000 en 2024.
  • décèdent : environ 50.000 par an
  • acquièrent la nationalité française : 103.661 en 2024

Au global, pour l’INSEE, les entrants nets non européens totaliseraient environ 150.000 personnes en 2024, avec une tendance qui repart à la baisse depuis 2 ans.

Enfin il y a eu 62.000 Français qui sont partis s’établir à l’étranger en 2024.